Le phare de Vieux-fort
Samedi 12 novembre 2011Il y a des endroits qui, une fois que vous les avez découvert, ne quittent plus votre esprit. La commune de Vieux-fort, sur la pointe Sud de la Basse-terre en Guadeloupe est, depuis mon enfance, une sorte de pèlerinage, un passage obligé, une étape sans laquelle un voyage en Guadeloupe n’aurait pas tout à fait la même saveur.
Je me souviens de cette impatience que mon frère et moi éprouvions lorsque nos parents nous annonçaient que nous allions nous baigner là-bas, la longue mais belle route longeant la côte Est de la Basse-terre, et le moment où la voiture plongeait dans cet abrupte chemin qui vous fait immanquablement douter de la fiabilité des freins.
Et à chaque fois, la magie opère :
Les canons du « vieux-fort Olive » dont subsistent encore quelques ruines (Il fut construit par les Français pour défendre la ville de Basse-terre contre l’assaillant Anglais), cette petite crique aux eaux profondes et limpides, ouverte sur la mer des Caraïbes dont la clarté permet aux nageurs de découvrir la beauté fascinante des fonds marins…
Et il règne, sur ce petit bout de rocher fièrement gardé par le phare, une ambiance que chacun semble apprécier à sa manière. Quelques téméraires offrent un fabuleux spectacle en s’élançant dans d’impressionnantes cabrioles depuis les promontoires formés par la roche (hauts de presque dix mètres pour certains). D’autres envoient leurs énormes cerf-volants, construits de leurs mains, flotter dans les airs au gré des Alizés, tandis que certains inspectent les trésors subaquatiques ou s’élancent au large à pleine vitesse sur leurs planches à voile.
Et comme si tant de beauté et de douceur ne suffisait pas, une journée à Vieux fort, pour peu qu’elle soit ensoleillée, se termine par un couché de soleil qui ne peut laisser indifférent.
Il est des lieux, comme celui-ci, dont on est sûr de ne pas se lasser.
Dans un prochain article, nous nous fraierons un chemin entre les roches volcaniques et, accoutrés de nos palmes masques et tubas, nous retiendrons notre souffle pour explorer les fonds marins à quelques quatre à six mètres de profondeur.
La photo :
Pour cette image, j’ai choisi de retranscrire une ambiance quasi nocturne plutôt qu’un simple couché de soleil.
J’ai donc posé mon appareil sur pieds, attendu que plus personne ne soit dans le cadre et que le phare s’allume, fermé le diaphragme à f8 et patiemment attendu que le peu de lumière en encore présent s’imprime sur le capteur pendant une trentaine de secondes.

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#1 Samedi 12 novembre 2011 à 19 h 36 min
Superbes les couleurs
!
#2 Samedi 12 novembre 2011 à 20 h 32 min
Yes, je voulais vraiment travailler sur cet aspect presque monochrome.
J’ai pris la même un autre soir où les nuages étaient légèrement roses, et ça ne collé pas, j’ai donc opté pour cette version avec ces nuances de bleu.
#3 Dimanche 13 novembre 2011 à 10 h 23 min
superbes couleurs en effet.
Il y a plusieurs expositions? c’est bizarre d’avoir des vagues dans le fond avec un tel temps d’exposition
#4 Dimanche 13 novembre 2011 à 10 h 37 min
Salut Nicolas,
Ce n’est qu’une seule exposition de 30s. Pour les vagues, il tout à fait possible que sur 30s la houle soit suffisamment « périodique » (pour reprendre les termes propres aux ondes mécaniques) pour qu’elle imprime régulièrement le capteur et soit plus ou moins visible.
#5 Dimanche 13 novembre 2011 à 23 h 01 min
Magnifique photo mais si je n’avais pas lu ton texte, je n’aurais pas imaginé qu’elle ait été prise en Guadeloupe , peut-être en raison de la dominante de bleu que je n’associe pas à cette île (un apriori purement intellectuel car je n’y suis jamais allée). Quant à tes textes, ils sont toujours aussi bien écrits. Je me réjouis de la suite.
#6 Dimanche 13 novembre 2011 à 23 h 14 min
Oui, c’est vrai que le bleu n’est pas souvent associé à la Guadeloupe, c’est d’ailleurs pour ça que je me suis orienté vers ce parti pris artistique.
En regardant les bouquins et tout ce qui se fait en photo sur cette île, c’est vrai qu’on peut très vite tomber dans le piège du couché de soleil avec les cocotiers. J’ai voulu éviter ça au maximum.
Et puis vieux-fort est assez particulier comme paysage, ça ne ressemble vraiment à aucun autre endroit de l’île.
merci d’être passé.
#7 Lundi 14 novembre 2011 à 11 h 40 min
Julien s’éloigne du déjà vu. Il a choisi de faire basculer l’ambiance dans une tonalité froide pour se démarquer des traditionnels couchés de soleil aux couleurs chaudes. En cela tu es un artiste.
#8 Lundi 14 novembre 2011 à 19 h 36 min
Disons que j’essaye d’adopter une démarche artistique qui apporte à ce qui à déjà été fait, sur cette île du moins.
enfin, j’ai quand même fait des couchés de soleil