
J’avais brièvement parlé du festival « Art en fête » à La Clayette auquel je participe en présentant une exposition. C’est la troisième que je réalise, et je me rends compte aujourd’hui à quel point c’est important pour moi. Je vois mes images toute l’année principalement sur l’écran 13 pouces de mon ordinateur (oui, c’est un peu petit mais on s’y fait très bien), et le plus souvent en format « Web », c’est-à-dire quelques centaines de pixels de large. Autant dire que lorsque je reçois un tirage 30×40 cm ou 40×60 c’est un choc, une redécouverte de la photo, une lecture complètement différente. Exposer est aussi un autre moyen de diffuser son travail, un média plus vivant, où l’on est amené à faire des rencontres et toucher un public autre que les aficionados du web.
Ce post a pour but de partager quelques astuces, que j’aurais bien aimé connaître avant de monter ma première expo…. Je parlerai dans cet article des tirages, puis je reviendrai sur les étapes d’encadrement prochainement.
Monter une exposition ne consiste pas seulement à accrocher des photos sur un mur. C’est pour moi, l’aboutissement d’un travail, d’un projet, le mémoire d’une recherche en quelque sorte… Ce que j’aime quand je visite une exposition, c’est de pouvoir entrer d’un bout à l’autre dans l’univers dans lequel le photographe (ou l’artiste) tente de m’emmener. Je me souviens d’un ami photographe qui me disait un jour alors que je lui demandais des conseils : - »Tu sais, il ne faut pas faire une expo pour qu’elle soit sympa. Il faut qu’elle soit forte, qu’elle captive les gens ». Cela passe évidement par une sélection rigoureuse des images pour présenter un travail consistant et cohérent, mais c’est finalement la base du travail de photographe, et je ne développerai ici que l’aspect « mise en valeur » des photos.
La qualité des tirages est un des points cruciaux. D’une part, les photos doivent être agréables à regarder, et une mauvaise impression ne doit pas ternir la force des images. D’autre part, il faut garder à l’esprit que certains visiteurs peuvent être intéressés et acheter des tirages. La qualité de ceux-ci doit être irréprochable, et surtout elle doit être durable dans le temps. Il est donc important de veiller à la qualité des papiers, des encres, et des matériaux d’encadrement (ils ne doivent pas contenir d’acide ou de substances pouvant dégrader le tirage) et être sûr de leur pérennité. Les imprimantes « grand public » dédiées à une utilisation photo permettent aujourd’hui de faire de très belles impressions durables. L’avantage de cette solution est d’être totalement autonome, de ne pas dépendre d’intermédiaires, et de maîtriser sa chaîne graphique de A à Z. Beaucoup de photographes font de magnifiques tirages chez eux avec leur matériel.
Après quelques essais et recherches, j’ai rejeté cette solution pour plusieurs raisons :
- Cela nécessite un investissement non négligeable. Il faut une imprimante conçue pour la photo, et de taille raisonnable. Le format A4 est un peu limité pour exposer, et les prix des imprimantes A3 bien qu’abordables ne sont pas les plus bas. Il faut y ajouter le coût des consommables (cartouches et papier) qui devient rapidement significatif. Sans compter les impressions ratées : quand l’imprimante s’arrête sans raison au milieu d’un tirage et ce trois fois de suite, l’affaire est beaucoup moins rentable, qu’il s’agisse de temps ou d’argent.
- Faire des tirages d’expo dignes de ce nom est un vrai métier. Maîtriser sa chaîne graphique nécessite beaucoup de temps et d’apprentissage. Chaque papier, chaque encre, donnera un rendu différent. N’étant pas passionné par les histoires de profils ICC, d’espaces colorimétriques (cela mériterait pourtant un article !) et autres, j’ai décidé de n’user ni mon temps ni ma patience pour cette tâche.
Je fais donc confiance à des gens de métier dont l’expérience et les conseils me font gagner du temps. Suivant le type d’image (argentique, numérique, couleur ou noir et blanc) les techniciens me conseillent sur le papier à utiliser, s’assurent que mes fichiers ont le bon profil de couleur associé, la bonne résolution… Ils m’envoient une bande test pour chaque tirage à partir de laquelle je valide l’impression (absolument indispensable). Quand je reçois un tirage, je suis sûr du résultat et n’ai jamais été déçu. Les petits laboratoires ont des prix certainement un peu plus élevés que les grosses « Majors » de l’impression sur internet, mais pour moi, les quelques pourcents de réduction des grosses structures ne remplaceront jamais le contact avec des gens disponibles et de bon conseil (j’utilise l’e-commerce pour des choses moins délicates).
Mes précédents tirages d’expo faisaient 30×40 centimètres (A3) et, si ce format est parfait pour des lieux de petite taille (cafés, restaurants…), je trouve qu’il paraît vite petit dans des endroits plus spacieux, surtout si un espace est dédié à l’exposition. Pour cette exposition, je suis passé à la taille au dessus (40×60), et je dois dire que je n’ai plus envie de faire des tirages plus petits. J’ai l’impression qu’en format 40x60cm, la photo commence « à parler ». Les regards sont plus perçants, les détails sont plus visibles, plus perceptibles. J’ai vraiment la sensation d’être plus absorbé par une image en grand format, ce qui semble logique, mais je ne pensais pas ressentir autant la différence entre les deux tailles.
Même chose pour le choix du papier. Alors que mes premières épreuves étaient faites sur du papier brillant 200 g/m2, je suis passé à un papier mat, légèrement tramé, et d’une densité de 300 g/m2. L’augmentation de la densité me donne des tirages moins sujets au gondolement, et moins délicats à manipuler (surtout en 40×60). Quant à la finition brillante que je trouve parfois trop « claquante », ou éclatante, je lui préfère l’aspect mat qui semble donner plus de texture et de douceur à l’image.
Dans un prochain article, je parlerai de l’encadrement (et plus particulièrement de la découpe des passe-partout), ainsi que tous les éléments annexes à cette expo.

Les indispensables bandes test pour valider les tirages finaux

Réception des tirages. Il n'y a plus qu'à encadrer
Le vernissage du festival « Arts en fête » est prévu le 16 juillet à 15h à La Clayette. Je ne pourrai malheureusement pas être présent à cette date, mais je présenterai l’expo et parlerai des photos lors de rencontres prévues le 31 Juillet à 15h Galerie 9, et le 7 Août, même lieu, même heure.