Archive pour la Catégorie ‘partage d'expériences’

Shooting pour une ONG : Suvadra

Jeudi, février 4th, 2010

 

Lors de mon dernier voyage au Népal, j’ai été amené à rencontrer Joyce Van Rijen et Krishna Khaitu qui, ensemble, gèrent une Organisation Non Gouvernementale à Bhaktapur. Leur Association « Suvadra » a pour but de prendre en charge des enfants handicapés et de leur donner les moyens de mener une vie normale malgré leur handicap. La situation des enfants handicapés au Népal est difficile et compliquée. Les familles, au mode de vie bien souvent modeste, ont du mal à accepter une invalidité qu’elles ne comprennent pas et ne savent pas gérer. Les enfants sont souvent mal considérés et n’ont quasiment aucun avenir. Il ne s’agit certainement pas d’une marque de cruauté ou de malveillance, mais d’une réaction d’impuissance due au faible niveau d’éducation, à l’inexistence de structures spécialisées et d’une aide aux familles. Viennent s’ajouter à cela quelques croyances et idée reçues.

Joyce et Krishna ont donc décidé de créer une structure pour accueillir une quinzaine d’enfants et leur donner les clés pour accéder à l’autonomie et pouvoir mener une vie indépendante dans la société ou au sein de leur famille. J’ai été touché par leur approche et la manière dont ils travaillent : Pas question de s’apitoyer sur le sort des enfants, mais une véritable volonté d’aller de l’avant et de les amener vers une vie normale, quelque soit le handicap ou l’incapacité.

Après plusieurs discussions, nous avons convenu d’une date pour une séance photo afin d’illustrer le travail de Suvadra. Le but était de faire des images que l’association pourrait utiliser pour son site internet ou pour des brochures. Il fallait faire des images correspondant à l’état d’esprit de l’association, et pour Suvadra, le parti pris était clair : montrer des enfants vivants, pleins d’espoir, pas des handicapés à l’air triste pour attendrir les foules. Cela tombait bien, car je ne souhaite pas montrer les gens sous un aspect misérable, mais faire ressortir ce qu’ils dégagent de mieux, quelque soit leur condition.

J’ai eu pas mal d’appréhensions avant de faire la séance photo car je suis très mal à l’aise avec tout ce qui touche au « médical » et ce qui induit ou a pu induire de la « souffrance ». Même si Joyce et Krishna m’ont expliqué le cas de chaque enfant, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et surtout quelle serait ma réaction. Mais c’est en allant au-delà de ces appréhensions qu’on progresse, et c’est anxieux mais déterminé que je me suis rendu à la maison de Suvadra le jour du shooting.

Avant de sortir mon appareil, j’ai d’abord passé du temps à établir un contact avec les enfants. Cela m’a surtout permis de me mettre à l’aise, d’aller au delà de mes inquiétudes, de cerner chacun d’eux et ce qu’ils dégagent. J’ai très vite oublié mes appréhensions, car les enfants sont très directs et sans à priori. Après une bonne heure et demie de prise de contact, j’ai commencé à sortir mon matériel et à prendre des photos. J’aurais aimé prendre plus de temps sans l’appareil, mais je ne disposais que d’une journée pour faire les images.

J’aime de plus en plus mener ce genre de commandes se déroulant sur un temps très court avec des conditions qu’on ne maîtrise pas et souvent des lumières désastreuses. C’est, je trouve, la meilleure façon de progresser et d’être capable de s’adapter à n’importe quelle situation.

Comme très souvent dans ce genre de situation, la lumière était ce qu’il pouvait y avoir de pire : un soleil éclatant en plein milieu de la journée et des environnements pas toujours photogéniques. Pas question d’attendre les belles et douces lumières du soir, il fallait que je prenne les enfants dans leur quotidien et en pleine activité. Pour éviter d’avoir des ombres trop marquées sur les visages, j’ai parfois utilisé un réflecteur pour apporter de la lumière sur les parties un peu bouchées. Plus facile à dire qu’a faire quand on a pas d’assistant et qu’on doit tenir le réflecteur, l’orienter précisément et photographier des sujets qui bougent….énormément. Ces enfants ont une énergie incroyable et il n’a pas été très difficile de faire des images porteuses de vie, de joie et d’énergie.

Comme je travaille avec des focales fixes et qu’il me fallait être réactif, j’ai utilisé, pour cette séance, deux boîtiers simultanément avec deux objectifs différents (24mm et 50mm). J’utilise très rarement deux boîtiers en même temps car j’aime être discret, mais j’ai été assez surpris par la rapidité à laquelle mes sujets ont « oublié » les appareils. Au début, l’attention était un peu tournée vers mon attirail, mais je me suis assez vite senti « invisible » et j’ai pu saisir des expressions et des moments spontanés sans qu’il y ait de gêne due à ma présence.

Cette expérience, au delà de l’aspect photographique, m’a énormément apportée. J’ai été tout simplement impressionné par le travail et les résultats qu’obtenait l’association Suvadra. Plusieurs enfants ont fait d’incroyables progrès en peu de temps et peuvent maintenant envisager une vie en autonomie et un réel futur. D’autre rencontrent plus de difficultés et n’atteindront jamais l’indépendance de certains, mais ils ont au moins une structure adaptée pour faire face à leur invalidité, aussi long et difficile ce combat soit-il.

Une très belle expérience que je renouvellerai.

Si vous souhaitez contribuer au travail de l’association SUVADRA, vous pouvez vous rendre sur le site officiel, ou envoyer un email à Joyce ou Krishna.

Et la photo devient un jeu

Mercredi, décembre 16th, 2009

femme-nepal-gurung1Cliquez sur la photo pour voir la série.

Je séjournais déjà depuis quelques jours dans un village du Népal et je logeais dans une petite Guest House (qui était plus un logement chez l’habitant qu’un « hotel ») tenue par deux femmes, Loxmi 79 ans et sa fille Tiza âgée d’une cinquantaine d’année. Je fus incroyablement reçus et suis resté trois semaines avec elles à observer et apprendre la vie des paysans Népalais.

Au milieu de mon séjour, j’ai organisé une petite « séance photo ». J’avais déjà la photo en tête quelques jours avant et j’ai dis à mes deux modèles la veille que je souhaiterais faire une photo d’elles dans leur cuisine lors de leur « pause thé » quotidienne. Tiza et Loxmi semblaient assez enthousiastes. C’était peu dire.

Le lendemain matin, je sortais tout mon attirail : L’appareil, monté sur le trépied, la télécommande (pour ne pas avoir l’oeil rivé derrière le boîtier et communiquer plus aisément avec les modèles), et le fin du fin, un réflecteur pour « déboucher » les parties sombres tenu par un aide. Il n’en fallait pas plus pour que mes deux stars en herbe se prennent au jeu et s’activent à réajuster leurs robes, réarranger leurs coiffures, masquer un pli disgracieux, comme de vraie modèles pros :-) .

La séance à durée une dizaine de minutes tout au plus, dans une ambiance de plaisanteries et d’éclats de rire !

Le portrait et la photographie « humaniste » ne sont pas choses aisées. Pour moi, il n’est jamais évident de rentrer dans l’intimité des gens et de leur pointer un appareil photo devant le nez. Lorsque je photographie une personne, j’ai toujours cette pudeur qui m’amène plein de questions : « Est-ce que je ne l’embête pas avec mes photos, est-ce que je n’abuse pas de son temps, Il doit en avoir marre d’être tout le temps pris en photo… ».

Il faut admettre que dans les zones fréquentées par le tourisme, certaines personnes sont très sollicitées pour des portraits et pas toujours de la façon la plus délicate (Il y a même beaucoup, beaucoup de comportement choquant de la part de certain photographes je trouve… mais c’est un autre sujet) et deviennent assez réticentes à l’idée de se faire tirer le portrait une énième fois de plus.

Mais quelque fois, la photo peut devenir un jeu et un moment de plaisir pour le photographe et pour le(s) modèle(s). En prenant son temps, en tissant des liens, une complicité, les gens prennent confiance, et deviennent plus détendus. Je pense que l’installation de tout le petit matériel y fait aussi un peu : en montrant que l’on veut faire une photo sérieuse et dans les meilleurs conditions possible, les modèles se sentent honorés de toute cette attention et posent sans hésiter. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti en faisant cette séance et quelques autres.  Il va de soi que dans ce cas, il faut envoyer quelques tirages aux personnes photographiées !!!!! Si elles jouent le jeu, il faut le jouer aussi.

Au final, je suis satisfait du résultat obtenu car la photo correspond à ce que j’ai eu en tête dés que j’ai vu la cuisine, mais je suis surtout content de la manière dont c’est déroulée cette séance et de l’ambiance qu’il y avait.

Comme je le disais un peu plus haut, je suis un peu « obsédé » par ces questions d’éthique et il m’arrive parfois d’avoir du mal à vaincre ma timidité. Cette séance m’a beaucoup motivé à refaire ce genre d’expérience et m’a fait prendre conscience que la photo pouvait être un jeu et source de bonne humeur, sans être vécus comme une contrainte ou du voyeurisme. Tout dépend (une fois de plus) comment l’on s’y prend et comment l’on aborde les gens.

Apologie du 50mm

Mercredi, décembre 9th, 2009

Canon-50mm-USM

Le matériel photo n’est pas ce qui me passionne le plus dans cette activité, mais il y a cependant des outils dont je ne pourrais pas me passer et qui influent directement sur mes images et sur mon style.

Le 50 mm en fait partie. Lorsque je parcours ma bibliothèque d’images, je m’aperçois que 70% de mes images sont faites avec cette longueur focale. Lorsque je me suis remis sérieusement à la photo, j’ai essayé tout un tas d’objectifs à focale variable (zoom) sans jamais trouver quoique ce soit de convainquant pour ce que je recherchais.

Je suis finalement revenu à mes premières amours car le 50 mm est en fait le premier objectif que j’ai utilisé avec le petit réflex argentique que mon père m’a prêté dès mes 10 ans.

Aujourd’hui, j’utilise le 50 mm pour plusieurs raisons :

Fut un temps, cette focale était proposée d’office avec les boîtiers et à donc été très largement diffusée. La technologie est donc  aboutie et peu coûteuse. Aujourd’hui, même un 50 mm entré de gamme (f1.8) valant une centaine d’euro offre une qualité d’image à laquelle bien des objectifs à focale variable plus coûteux ne peuvent prétendre.

Si cette focale allège les dépenses, elle allège également le sac à dos. A part les modèles ultra haut de gamme qui ouvrent à f1.2 (si vous aviez 1400€ dont vous ne saviez quoi faire…), les 50 restent assez compacts et légers, qualités que j’apprécie particulièrement lors des longues randonnées. Cela permet également de rester discret et de ne pas avoir un « monstre » hyper voyant vissé sur le boîtier et de le glisser aisément dans la poche si on change d’objectif fréquemment.

La focale fixe oblige à se déplacer plutôt que de simplement tourner la bague du zoom et rester les pieds cloués à un seul endroit. Chaque variation de cadrage oblige à bouger (de quelques centimètres parfois), à tourner autour de son sujet, à essayer… cela pousse à travailler ces prises de vue plus précisément je trouve, et influe directement sur la qualité de ses compositions.

Techniquement parlant, ces objectifs offrent une grande ouverture et permettent de travailler dans des conditions de lumières très faibles sans trop monter la sensibilité. J’aime aussi jouer avec les faibles profondeur de champs dans mes images, pour pouvoir faire ressortir le sujet principal de son environnement. Les grandes ouvertures du 50 offrent tout le plaisir de jouer entre les premiers plans nets et les fonds flous.

j’aime  particulièrement travailler le portrait avec le 50 mm car c’est la focale qui donne la vision la plus proche de l’oeil humain. Les images produites ont, à mon avis, un aspect plus réaliste, plus « authentique » que des focales courtes comme le 24 mm par exemples. Mais ce qui me paraît le plus important est la relation que cette focale impose avec son sujet : ici, pas question de tricher en prenant des photos à la volée comme on serait tenté de le faire avec des focales plus longues. Le 50 impose une proximité avec le « modèle » qui oblige à avoir son accord. Autant dire que cela nécessite d’abord un échange, une discussion, une complicité qui se ressentira forcément dans l’image.

En ce qui me concerne, ceci fait partie intégrante de ma démarche. Je ne cherche pas à juste photographier des gens, mais, dans la mesure du possible, à transmettre l’émotion, le charisme, ou le charme qu’ils dégagent. Par la « discipline » et l’honnêteté  qu’il impose sur ce point, le 50 mm est pour moi l’outil idéal et indispensable.

Pour finir avec ce post, si vous comptez acheter votre premier reflex numérique, fuyez absolument les zooms vendus avec le kit (souvent un 18-55 mm ouvrant maximum à f3,5 voir f5,6). La construction est souvent médiocre, la qualité d’image vraiment peu valorisante, et les ouvertures vous brideront lamentablement dans les faibles lumières qui sont souvent les plus intéressantes.

Préférez l’achat d’un boîtier nu et offrez vous un petit (ou un beau) 50 mm, même entré de gamme. Pensez aussi aux vieux objectifs que l’on trouve d’occasion pour moins d’une bouchée de pain et qui se montent facilement sur les boîtiers numériques via des bagues d’adaptation. J’utilise encore l’objectif de mon « enfance » (un 50mm f1,8 Zuiko autrefois monté sur l’OM10 de mon père) en secours, et je le trouve même plus performant que certains objectifs récents…et 10 fois plus solide !!!!!!!!!

Il ne vous reste plus qu’à fouiller dans le grenier ou à courir dans le magasin photo le plus proche. ;-)

Préparer son voyage, Episode III : l’administratif.

Vendredi, août 21st, 2009

preparation-voyage-administratif

Je ne m’étendrais pas trop sur cet article car l’administratif est une étape que je n’apprécie pas vraiment et dont j’aimerais vraiment pouvoir me passer. Seulement voilà, notre monde occidental est régis par les lois, polices d’assurance ou autres et n’importe quel pays, aussi authentique soit-il, exigera un minimum de paperasse pour y entrer (certains beaucoup plus que d’autres).

La première des choses est évidement de s’assurer que son passeport est en règle, et qu’il correspond bien aux exigences des pays traversés. Une simple escale aux Etats-Unis nécessite un passeport biométrique… ou un visa à presque 100€. Attention aussi aux pays qui ne délivrent aucun visa sur place. Se faire refouler à l’aéroport parce qu’il manque un visa n’est jamais un bon moment. Cela paraît tellement évident, et pourtant…  Si on traverse plusieurs pays, l’oublie guette !

Une petite vérification des vaccins conseillés ne fait pas de mal. Pour ma part, je prends toujours du recul face à l’esprit de « surmédicalisation » de notre société. Si on suis toutes les recommandations médicales pour partir en Asie par exemple, il faudrait faire quasiment plus de vaccins en un mois qu’on en ferait dans une vie avec ceux que nous devons faire dès notre naissance. Après m’être renseigné et pris différents avis, je n’est pris aucun traitement pour l’Asie, et ne m’en porte pas plus mal. Cependant, je ne me permettrais pas la même légèreté si je partais pour l’Afrique ou d’autres contrée où certaines maladies sont très contagieuses et sérieuses.

Le dernier point à ne pas prendre à la légère concerne les assurances. Je ne suis pas du genre paranoïaque ou craintifs, mais certaines mauvaises aventures vécus par des amis ou autres voyageurs m’ont poussé à prendre un peu plus de précautions. Une blessure lors d’un trekk, un problème de santé, ce genre d’imprévus guette tout le monde sans exception. Une évacuation coûte chère, très chère surtout si on se trouve dans des endroits isolés et à hautes altitudes.

C’est très rébarbatif, mais je conseil de bien étudier les conditions et montants couverts par votre assurance : si vous vous trouvez à passer un col à plus de 4000m (on y arrive très vite au népal ou au pérou par example) oubliez l’assurance rapatriement de votre carte bancaire, il vous faudra une option « Altitude ». Même les assurances voyages proposent des montant un peu limites pour des évacuations en hélico.  Attention aux « subtilités » de termes comme la « maladie » ou les « accidents ». Certaines assurance couvre l’un et pas forcément l’autre. Si vous restez plusieurs mois dans un pays, cela à son importance : .

Cependant il faut garder à l’esprit que les assurances ne sont d’aucun secours dans certaines zones très retirées et que la vigilance reste le meilleur moyen d’éviter les ennuis….

Je fais des copie de la première page de mon passeport, de mon contrat d’assurance, et je les garde dans un de mes sacs. Je laisse également une copie informatique sur le serveur de mon site, accessible  depuis n’importe quel point internet. Cela ne coûte rien et en cas de vol ou de perte, ces petites précautions rendent, à mon avis, la situation un petit peu moins pénible.

Voilà pour ce qui est de la paperasse. Cela me prend finalement peu de temps et me permet de partir l’esprit tranquille et de me « déconnecter » totalement une fois sur place. Dans le prochain article de la série,  je ferais un petit tour du matériel que j’emmène dans mon sac, et nous serons près à partir… ;)

Préparer son voyage, Episode II : se documenter.

Samedi, juillet 25th, 2009

julien-dorol-preparer-son-voyage-2

En plein dans la préparation de mon prochain voyage pour le Népal, je continue à vous faire part de quelques idées sur les préparatifs d’un voyage. Si vous n’avez pas lu le précédent article, vous pouvez allez faire un tour ICI.

Je ne sais toujours pas si je voyage pour photographier ou si je fais de la photo pour voyager. L’un me sert certainement de prétexte à l’autre et vice versa. Si il y a en revanche une chose dont je suis sûre, c’est que je ne conçois plus un voyage sans photo et chaque fois que je pars, je mets tout en oeuvre pour ramener quelque chose de consistant, de fort, de beau. Avant de partir, je me documente sur le pays afin de pouvoir m’immerger plus facilement dans la culture et mieux la saisir.

Dans un premiers temps, je cherche à savoir ce que je veux montrer exactement, quels thèmes je vais traiter : vais-je consacrer le séjours aux paysages, aux portraits, aux spécialités culinaires, à l’animalier, à la rue. Est-ce que je veux montrer le pays sous un coté exotique, authentique, moderne….

ce choix permet d’une part de savoir ce que l’on vas emmener comme matériel : Le paysage ne nécessite pas les mêmes objectifs que l’animalier par exemple et je me vois mal emporter tout une panoplie pour couvrir tous les sujets. J’aime voyager léger et me limite donc à l’essentiel. De plus, je préfère me concentrer sur un thème et le faire bien plutôt que de vouloir tout faire à moitié.

Le choix du thème conditionne aussi la période du séjours. Chaque saison donne une teinte et un aspect différent aux paysages. Si on s’intéresse à la culture d’un pays, les fêtes traditionnelles permettent de saisir et de comprendre les coutumes d’un pays. Si on veut mettre toutes les chances de son coté pour avoir les « instants décisifs », il vaut mieux prévoir son voyage en fonction (facile à dire :( )

Une fois que je sais sur quel thème je vais m’orienter, je me documente sur ma destination. Je passe beaucoup de temps sur internet, à lire des articles, je parcours les magazines qu’il parlent de la culture, de la faune, de l’histoire, je lis des récits de voyageurs (comme Alexendra David-Néel, sylvain Tesson, Nicolas Vanier…). Autant d’éléments qui éveil mon imagination et alimentera ma créativité une fois sur place. Je regarde une fois de plus beaucoup le travail des autres photographes, pour voir les différents partis pris, l’émotion que d’autres ont pu capter.

Cette étape fait totalement parti du voyage pour moi. La partie imaginaire du périple en quelque sorte. J’ai lu quelque part une citation de je ne sais plus qui (impossible de me souvenir de l’auteur) qui disait « le plus beau des voyages est celui que l’on à pas encore fait ». Je rejoins un peu cette idée : j’aime tellement les mois ou semaines qui précèdent un départ. Mon esprit est en ébullition, et j’imagine déjà les images que j’aimerais faire (c’est grave non? :) ).

Une fois que je me suis bien documenté, je situe les endroits que je juge intéressants sur une carte. Je n’ai pas d’itinéraire vraiment précis, plutôt une suite de points que je veux absolument visiter. Quand je suis sur place, je ne programme rien précisément car j’aime laisser la place aux imprévus, aux surprises, aux découvertes inattendues. Si je découvre un endroit qui me plaît particulièrement, j’aime passer autant de temps que je le souhaite sans avoir d’impératif. Sélectionner et me documenter sur les endroits qui m’intéressent m’évite aussi de tomber dans « les pièges à touristes » (chaque voyage en est truffé !), ou tout autre endroit dénué d’intérêt photographiques ou culturels.


Voilà pour ce qui est de la documentation. J’attache beaucoup d’importance à ce moment qui m’inspire énormément avant de partir. Cela me permet aussi de réfléchir sur plein de sujets annexes à  la photo, de me remettre en question. Un moment qu’on ne peut vraiment partager et qui n’appartient qu’a nous.
Faites de beaux rêves de voyages… ;-)

Préparer son voyage, Episode I

Mardi, juillet 7th, 2009

preparer-son-voyage

Je voyage systématiquement par mes propres moyens sans passer par une agence ou autres organismes de tourisme. Je procède ainsi car j’aime être libre d’aller et venir où je veux, quand je veux. Je n’ai pas vraiment d’itinéraire (ou juste un axe nord/sud ou Est-Ouest autour duquel je me ballade) et encore moins de planning précis ! Je découvre souvent l’existence de lieux exceptionnels lors de discutions avec les locaux ou d’autres voyageurs ou tout simplement par hasard. J’aime laisser la place à l’imprévu, et aux surprises.

Cependant, je me suis rendu compte au fil des voyages qu’il est illusoire de penser que « partir à l’aventure » ne nécessite aucune préparation. Même si on part avec un esprit « routard », on est tôt ou tard confronté aux réalités administratives, médicales, politiques ou budgétaire. J’ai vu beaucoup de voyageurs se retrouver dans des situations très peu enviables (plus de sous pour rentrer en europe, impossibilité de se faire évacuer d’une zone isolée suite à une blessure car pas d’assurance…)  et leurs histoires m’ont peu à peu fait prendre conscience de ces réalités (et parfois de mon inconscience).

Je prends beaucoup plus de précautions et passe plus de temps à la préparation de mes voyages qu’auparavant simplement dans le but de pouvoir être complètement libéré de ces contraintes une fois sur place et m’immerger pleinement dans le pays que je visite.

Le but de cet article est de vous décrire comment je prépare mes voyages, du choix de la destination jusqu’à l’arrivé sur place. Tout ce que je vais décrire vous paraîtra peut-être évident, mais ce que j’ai pu voir en voyage me laisse penser le contraire. Si vous avez d’autres astuces et  conseils, tous les commentaires sont les bienvenus.

Choisir sa destination :

Le choix de la destination est d’abord guidé par le rêve, l’imaginaire, des lieux que l’on imagine splendides, paradisiaques. Il y a cependant certains éléments dont il faut s’assurer avant de choisir pour ne pas être déçus voir pire.

La situation politique : avant de prendre tout billet, il me paraît important de s’assurer que le pays que l’on compte visiter ne connaît pas de « crise » majeure ou de conflit violent. Cela paraît évident, mais même dans des pays très touristiques, tout peut basculer d’un jour à l’autre :  des milliers (millions?) de touristes visitent la Thaïlande chaque année, cela n’a pas empêché un bon nombre d’entre eux d’être bloqué 2 semaines dans le pays suite à des Manifestations. Madagascar à récemment été confronté à un coup d’état et des manifestations qui se sont (pour certaines) assez mal terminée. Pendant plusieurs années, le Népal était en pleine rébellion Maoïste, et quelques millier de personnes (les touristes n’ont pas été concerné par ces « pertes ») ne sont plus ici pour en parler. Il n’est pas nécessaire de rentrer dan la paranoïa, mais certains pays connaissent des situations délicates qui demandent quelques précautions pour éviter les « désagréments ».

Le climat : Il est toujours intéressant de se renseigner du type de climat de la destination mais aussi des saisons et choisir (si possible) ses dates de séjours en fonction. Cela évite quelques désagréables surprises. Dans certains pays, les amplitudes sont énormes tant en température qu’en précipitation. L’Asie par exemple n’aura absolument pas le même aspect lors de la mousson ou en période sèche. En Nouvelle-Zélande, en parcourant 500 km, on peut passer d’un climat semi-aride à un climat « tropical » avec une pluviométrie atteignant les 10m d’eau par an… Il faut donc être sûre de « supporter » le climat et s’équiper en conséquence. Je parlais plus haut d’inconscience : j’ai frisé l’hypothermie lors d’un bivouac parce que j’avais sous-estimé la météo et que je n’étais pas correctement équipé…une fois mais pas deux !!!

La culture et les principes culturels : c’est le point qui me semble être le plus important. Un voyage, hormis la détente et la découverte, est une confrontation entre deux cultures et il faut être prêt à accepter certains principes qui peuvent nous paraître révoltants  ou inadmissibles : si vous n’aimais pas vous habiller modestement, ce n’est peut-être pas la peine d’aller dans un pays où la bourka est de rigueur. Si vous ne supportez pas que l’on tue des animaux, évitez le Népal ou l’Inde où les hindouistes sacrifient buffles, chèvres et poulets en pleine rue avant d’asperger le temple de sang et de le décorer avec les entrailles.
Tout ces exemples pour dire que le voyage nécessite une remise en question et l’acceptation de coutumes qui ne nous sont pas forcément naturelles et que nous nous devons de respecter. Si certaines choses nous semblent insurmontables, peut-être vaut-il mieux passer notre chemin et nous orienter vers une autre destination plutôt que de mal vivre son voyage et éventuellement rentrer en conflit avec la culture que l’on découvre.

Toutes les informations nécessaires à la préparation des voyages sont biens sûre disponibles dans les guides, mais je ne me limite jamais à cette seul source d’information. Internet est évidement une source quasi inépuisable, mais ce sont souvent les discussions avec d’autres voyageurs qui m’amènent à m’intéresser à une destination.

Je m’arrêterais ici pour cette première partie. On pourrait écrire un livre entier sur ce sujet, mais là n’est pas le but de cet article. Je souhaite simplement partager ma petite expérience et les observations accumulées lors de mes voyages. Le prochain article de cette série concernera la partie administrative de la préparation. L’aspect le plus rébarbatif (je déteste quand ce moment arrive), mais aussi le plus délicat. ;-)