Apologie du 50mm
Mercredi, décembre 9th, 2009
Le matériel photo n’est pas ce qui me passionne le plus dans cette activité, mais il y a cependant des outils dont je ne pourrais pas me passer et qui influent directement sur mes images et sur mon style.
Le 50 mm en fait partie. Lorsque je parcours ma bibliothèque d’images, je m’aperçois que 70% de mes images sont faites avec cette longueur focale. Lorsque je me suis remis sérieusement à la photo, j’ai essayé tout un tas d’objectifs à focale variable (zoom) sans jamais trouver quoique ce soit de convainquant pour ce que je recherchais.
Je suis finalement revenu à mes premières amours car le 50 mm est en fait le premier objectif que j’ai utilisé avec le petit réflex argentique que mon père m’a prêté dès mes 10 ans.
Aujourd’hui, j’utilise le 50 mm pour plusieurs raisons :
Fut un temps, cette focale était proposée d’office avec les boîtiers et à donc été très largement diffusée. La technologie est donc aboutie et peu coûteuse. Aujourd’hui, même un 50 mm entré de gamme (f1.8) valant une centaine d’euro offre une qualité d’image à laquelle bien des objectifs à focale variable plus coûteux ne peuvent prétendre.
Si cette focale allège les dépenses, elle allège également le sac à dos. A part les modèles ultra haut de gamme qui ouvrent à f1.2 (si vous aviez 1400€ dont vous ne saviez quoi faire…), les 50 restent assez compacts et légers, qualités que j’apprécie particulièrement lors des longues randonnées. Cela permet également de rester discret et de ne pas avoir un « monstre » hyper voyant vissé sur le boîtier et de le glisser aisément dans la poche si on change d’objectif fréquemment.
La focale fixe oblige à se déplacer plutôt que de simplement tourner la bague du zoom et rester les pieds cloués à un seul endroit. Chaque variation de cadrage oblige à bouger (de quelques centimètres parfois), à tourner autour de son sujet, à essayer… cela pousse à travailler ces prises de vue plus précisément je trouve, et influe directement sur la qualité de ses compositions.
Techniquement parlant, ces objectifs offrent une grande ouverture et permettent de travailler dans des conditions de lumières très faibles sans trop monter la sensibilité. J’aime aussi jouer avec les faibles profondeur de champs dans mes images, pour pouvoir faire ressortir le sujet principal de son environnement. Les grandes ouvertures du 50 offrent tout le plaisir de jouer entre les premiers plans nets et les fonds flous.
j’aime particulièrement travailler le portrait avec le 50 mm car c’est la focale qui donne la vision la plus proche de l’oeil humain. Les images produites ont, à mon avis, un aspect plus réaliste, plus « authentique » que des focales courtes comme le 24 mm par exemples. Mais ce qui me paraît le plus important est la relation que cette focale impose avec son sujet : ici, pas question de tricher en prenant des photos à la volée comme on serait tenté de le faire avec des focales plus longues. Le 50 impose une proximité avec le « modèle » qui oblige à avoir son accord. Autant dire que cela nécessite d’abord un échange, une discussion, une complicité qui se ressentira forcément dans l’image.
En ce qui me concerne, ceci fait partie intégrante de ma démarche. Je ne cherche pas à juste photographier des gens, mais, dans la mesure du possible, à transmettre l’émotion, le charisme, ou le charme qu’ils dégagent. Par la « discipline » et l’honnêteté qu’il impose sur ce point, le 50 mm est pour moi l’outil idéal et indispensable.
Pour finir avec ce post, si vous comptez acheter votre premier reflex numérique, fuyez absolument les zooms vendus avec le kit (souvent un 18-55 mm ouvrant maximum à f3,5 voir f5,6). La construction est souvent médiocre, la qualité d’image vraiment peu valorisante, et les ouvertures vous brideront lamentablement dans les faibles lumières qui sont souvent les plus intéressantes.
Préférez l’achat d’un boîtier nu et offrez vous un petit (ou un beau) 50 mm, même entré de gamme. Pensez aussi aux vieux objectifs que l’on trouve d’occasion pour moins d’une bouchée de pain et qui se montent facilement sur les boîtiers numériques via des bagues d’adaptation. J’utilise encore l’objectif de mon « enfance » (un 50mm f1,8 Zuiko autrefois monté sur l’OM10 de mon père) en secours, et je le trouve même plus performant que certains objectifs récents…et 10 fois plus solide !!!!!!!!!
Il ne vous reste plus qu’à fouiller dans le grenier ou à courir dans le magasin photo le plus proche.






