Archive pour la Catégorie ‘Histoire d'une photo’

Fond d’écran Février 2010

Lundi, février 1st, 2010

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Je randonnais avec des amis Népalais dans la région du Helambu, non loin de la vallée de Kathmandou et nous marchions déjà depuis trois ou quatre jours. Jusqu’ici, les conditions météo nous avaient été plutôt pénibles et n’allaient pas en s’améliorant.

 

La journée n’avait pas très bien commencé : nous avions débuté la journée un peu trop tard, la pluie ne cessait de tomber, et nous avions pris beaucoup de retard pour arriver avant la nuit au prochain refuge. Le jours s’effaçait peu à peu et nous commencions à être exténués.

 

Alors que nous prenions une petite pause avant d’attaquer les deux heures restantes pour arriver au refuge, ce magnifique spectacle s’offrit à nous. Les derniers rayons de soleil s’infiltraient subtilement à travers la couverture nuageuse, et une bande de pluie rendait la scène encore plus impressionnante. Je pris mon appareil, déclenchai quelques fois, puis, cinq minute après, nous étions dans l’obscurité totale…Il nous restait encore deux heures de marche pour arriver au refuge, évidement la pluie ne nous a pas épargné avant notre arrivé, mais nous avons atteint notre destination sans embûche.

 

Tant de labeur pour vous offrir un fond d’écran… 

comme d’habitude en 2 versions

 

1280×800

 

2560×1600

 

;-)

 

 

L’instant décisif, ou l’art de la patience

Mercredi, janvier 27th, 2010

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Pour qui s’intéresse un minimum à la photo, la notion d’instant décisif formulé par Henri Cartier-Bresson n’est pas inconnue.


Lorsque j’ai commencé la photo, je me suis souvent demandé comment des photographes tel que Robert Doisneau, Steeve McCurry, ou justement Henri Cartier-Bresson arrivaient à capter ces instants décisifs et avec autant de succès. Comment faisaient-il pour avoir le bon passant, le bon rayon de soleil, ou ce chien qui passe dans le dernier plan de l’image et qui donne tout son sens à la photo et ce avec des compositions toujours impeccables. Je pensais que tout ceci relevait d’un peu de chance et de la capacité de l’artiste à « flairer les bons coup ».


En m’intéressant de plus près à certain photographes, je me suis dis que ceux-ci étaient vraiment chanceux et avaient beaucoup de flaire. Je me suis vite aperçu qu’en fait il n’en était rien.


Je me suis rendu compte en progressant que toute cette histoire d’instant décisif était surtout affaire d’acharnement et de persévérance. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai pris la photo que j’utilise pour mon exposition « visages du Laos »


J’arpentais les ruelles d’un village, lorsque j’ai vu ces enfants jouer à « attrape moi si tu peux ». Je savais que je pouvais faire une bonne photo avec toute cette joie et cette énergie émanant de ce groupe d’enfants. Je me suis donc fait discret et me suis assis dans un coin de la ruelle. J’ai d’abord observé les gamins pendant un bon moment, puis, je suis resté pendant une heure au moins à déclencher.


Sur tous les clichés que j’ai pris de cette séance, seul un m’a satisfait, avec le bon gamin, ayant la bonne expression, qui est passé au bon endroit, avec les bons personnages en fond… au final, et à force de patience, j’ai réussi à avoir la photo que je voulais et capter l’instant qui me paraissait  décisif.


L’instant décisif est avant tout une question d’acharnement et de persévérance. Quitte à retourner à l’endroit propice plusieurs fois de suite, noter les heures de passage de telle personne, tel vélo, tel chien et de rester posté des heures pour saisir cet instant. En m’intéressant aux méthodes de travail des photographes que je pensais chanceux et ayant du flair, ma compréhension de l’instant décisif s’est confirmée.


Il s’agit avant tout de passer de nombreuses heures à chercher les endroits propices, chercher le meilleur cadrage, et de nombreuse heures à attendre.


Une histoire de patience, et d’observation…


Histoire d’une photo : Le Gardien du temple.

Dimanche, décembre 6th, 2009

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Je déambulais sereinement dans les rues d’une ville népalaise aux allures médiévales. Le temps était humide, il allait certainement pleuvoir. Le soleil, filtré par la couche de nuages, diffusait une douce lumière à la teinte dorée. Après quelques détours et coins de rues, j’arrivais sur l’une des places principales de la ville : un grand espace pavé de briques rouges qui fait office de parvis d’un temple hindouiste qui trône fièrement au bout de la place.

Je m’avance devant le vieil et imposant édifice et aperçois, assis à l’entrée, un personnage à l’allure singulière. Il s’agit d’un mendiant qui à élut domicile sous le porche du temple. Celui-ci croise mon regard, puis, sous son épaisse barbe blanchâtre, me tend un sourire. Je le salut en joignant les deux mains et celui-ci, d’un geste de bienvenue, m’invite à m’installer sous le porche et y passer un moment. J’accepte cette invitation et m’assoie à l’une des extrémités du porche.

De ce promontoire divin, j’observe l’effervescence de la place et me perd dans mes pensées. Je contemple cette scène à l’allure théâtrale qui prend parfois des aires de comédie : des enfants qui se disputent un cerf-volant, des chiens qui se courent  après, des chèvres qui errent sans but aux quatre coins de la place, des femmes vêtues de somptueux saris vivement colorés, des anciens qui regardent passer le temps, des tracteurs transportant fruits, légumes, poules, poteries… toute cette vie défile inlassablement devant mes yeux. J’imagine qu’il y a quelques siècles, la même scène se jouait de la même manière. Un vieil homme vint s’asseoir non loin de moi et scruta cette douce effervescence, juste pour laisser filer le temps.

Une légère pluie se mit finalement à tomber. Les Pavés normalement d’aspect mat et rugueux, se mirent à luire, réfléchissant la douce lumière ambiante. La place sembla alors se draper d’une étoffe tissée de fil d’or et tous ces pavés rayonnèrent tel des lingots en plein soleil. L’ambiance était incroyable, presque irréelle. Le vieil homme installé près de moi, comme inspiré par cette paisible atmosphère, se mit à fredonner un air traditionnel quelque peu mélancolique. Sa voix, érodée par les années, était en parfaite harmonie avec les lieux et rendait cet instant magique. Tous les éléments semblaient s’être réunis pour m’offrir ce sublime spectacle. Adossé au vieux murs du temple, j’étais apaisé, serein, détendu et profondément ému par tant de beauté.

Je me disait alors que le mendiant ne m’avait pas invité sous ce porche pour rien. C’était comme-ci celui-ci, tel un gardien du temple, m’avait dit :

- »viens donc prendre le temps de découvrir ce que cet endroit ancestral a à te montrer. Viens écouter ce que ces murs, chargés de centaines d’années d’histoire, ont à te transmettre. Pose toit et observe sereinement. »

Je repartais du temple totalement serein et je saluais respectueusement le « gardien du temple » avant de descendre les marches.

Je n’ai pris la photo de ce Gardien peu banal que quelques jours après. Je suis revenue plusieurs fois sous le porche du temple pour m’y détendre, lire, écrire, réfléchir et le mendiant m’invita à chaque fois de la même façon.

Parfois, il est bon de ralentir, voir même s’arrêter. Savoir laisser filer le temps sans avoir d’impératif car, en perdant du temps, on y gagne quelques fois beaucoup.

Histoire d’une photo : Le Gentleman

Mercredi, septembre 16th, 2009

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Je me promenais non loin de Pokhara, autour du lac « Phewa », au Népal. Je marchais, sans but précis, ni intention de photographier quoique ce soit. cela faisait déjà plusieurs heures que je randonnais lorsque je suis arrivé dans un petit village bordant les rizières.

Une halte était bien méritée et je décide alors de m’arrêter dans une sorte de petit café. je savoure tranquillement un « Massala Chaï » puis, grand amateur de thé, j’en commande un deuxième. Je me laisse doucement bercer par le va et vient incessant de passant en tout genre : charrettes chargé de paille, de riz, vélo, hommes et femmes rentrant des champs, écoliers traquant un malheureux chien pelé qui se trouvait sur le chemin du retour de l’école… Je scrute inlassablement cette douce effervescence qui malgré tout m’apaise.

Non loin de moi, se tient une petite assemblée. Quelques anciens sont réunis autour d’une arbre et débattent activement de je ne sais quels sujets. Même si je m’efforce de baragouiner les bases de la langue locale, je suis incapable de déceler l’objet de la plaidoirie. Je donnerais pourtant beaucoup pour comprendre ce dont il s’agit.

Parmi les membres de ce mini sénat, un homme semble se détacher du lot. Il paraît être le plus âgé, et semble bénéficier du respect des autres. J’en suis déjà à mon troisième Massala Chaï quand soudain l’assemblé se disperse laissant le viel homme seul trôner près de son arbre. Puis il s’étend sur le tapis sur lequel il était assis et entame une sieste. Me vient alors tout un tas de questions : est-il le sage du village, quel âge a-t-il, a-t-il toujours vécu ici ? Certainement. Mon imagination bouillonne.

Après un bon moment de lecture (j’ai toujours un livre avec moi en voyage), je décide de continuer ma route et de rentrer tranquillement. L’homme en a fini avec sa sieste et siège maintenant en position accroupie, comme les asiatiques savent si bien le faire des heures durant, en fumant une cigarette avec deux ou trois compères. Décidément, cet ancien semble être une personne d’importance dans cette bourgade.

Tandis que je me lève et rassemble mes affaires, je remarque que l’homme paraît intrigué par ma personne. Je comprend de suite que mes cheveux son l’objet du questionnement. Je m’en vais payer mes consommations, et en sortant du petit « café » l’homme m’interpelle. D’abord surpris, je regarde autour de moi si l’on m’adresse bien la parole, réaction stupide car toute l’attention de l’homme semble être portée sur moi. Franchement intimidé, je m’approche du viel homme. Celui-ci me fait signe de m’approcher encore un peu plus en levant les yeux pour me faire comprendre qu’il souhaiterait examiner mes cheveux. Encore plus intimidé d’être inspecté par le « sage » du village, je me penche, lui laissant tout le loisir de satisfaire sa curiosité. l’analyse et les théories capillaires sembles aller bon train entre l’ancien ses assistants, tandis que j’esquisse un sourire, amusé par la spontanéité de mes observateurs.

Une fois les résultats et conclusions tirés, l’ancien me congédie aimablement d’un air approbateur. Je dodeline de gauche à droite (manière Népalaise d’acquiescer) en signe de respect puis, usant de toute mon insolence, je lui demande si je peux le prendre en photo. L’homme accepte sans hésiter et je sors sans tarder mon appareil du fond de mon sac. Je cadre, déclenche, l’ancien prend une pose de star de cinéma, je suis aux anges. Celui-ci, soucieux de son image me demande de voir le résultat. Je tourne l’appareil, le sage consulte une fois de plus ces assistants et me retourne le boîtier avec une fois de plus un air approbateur. Je le remercie respectueusement, puis m’en retourne à mon lieu de destination.

J’aime particulièrement cette photo parce que l’ancien y a une expression inspirant l’assurance d’un homme d’expérience (comme je l’ai ressenti en le voyant parmi d’autre) et un air de star que j’adore…

Mais ce qui me plaît le plus dans cette photo, c’est qu’elle est le fruit d’une curiosité partagée, un échange où chacun y a trouvé son compte.

C’est de cette manière que je conçois la photographie de voyage, et que je m’efforce de la pratiquer.

Histoire d’une photo – Moeraki Boulders, NZ

Dimanche, juin 28th, 2009

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Je souhaite vous raconter dans ce billet l’histoire de cette photo car elle m’a énormément appris sur la patience et la détermination et changée ma manière de photographier.

Photographier les paysages de Nouvelle-Zélande est captivant : les lumières y sont sublimes, les paysages variés, impressionnants, grandioses. Tout ceci forcément mêler aux long moments de solitude à attendre les douces lumières fait de ce pays un endroit particulier pour les photographes.

Voilà déjà quelques mois que je sillonnais la Nouvelle-Zélande en alternant les petits boulots et les moments dédiés à la photos. Je me promenais depuis une ou deux semaines sur la côte Est de l’île du Sud. Si il y a bien un endroit en NZ qui remporte un franc succès chez les photographes, ce sont les Moeraki Boulders près de Dunedin. Il s’agit de grosses concrétions sphériques gisants sur la plage, de presque 2m de diamètre pour certaines. On se pose encore beaucoup de questions sur la provenance de ces boules et pourquoi on ne les trouves qu’à cet endroit précis. Les Maoris, premiers habitants de l’île, prétendent que le bateau d’un dieu se serait échoué sur la plage et que les paniers de provisions divines se sont dispersé sur le sable…les Boulders seraient les restes de ces provisions.

Je découvre le site évidement très prisé par les « touristes » (dont je fais parti) et passe presque 2 heures sur place à observer, marcher autour des cailloux, essayer différents cadrages, différentes hauteur de trépied… Au bout des 2 heures, je n’ai pris aucune photo et je remballe mon matériel. J’ai trouvé un cadrage qui me convient, mais je veux absolument avoir une belle lumière, qui puisse rendre la photo mystique, presque irréelle car c’est ce que le lieu m’inspire.

Comme pour beaucoup de photo paysage, je programme ma prise de vue pour les premières lueurs matinales. Je me renseignes des heures de levé et couché du soleil ainsi que les heures de la marée pour m’assurer que le rocher ne sera pas recouvert par l’eau.

Le lendemain matin, mon réveil sonne à 5h et c’est un petit peu endormis que je me dirige vers le site. Le soleil est encore sous l’horizon, quelques nuages se dessinent peu à peu. j’installe le trépied rapidement mais de façon précise. Il faudra aller vite. Tout est près. Les nuages envahissent finalement tout l’horizon ne laissant aucune chance aux soleil. J’attend encore une demi heure pour voir si les nuages daignent laisser passé le soleil, mais il n’en ai rien. De toute façon, il est trop tard. Une demi heure après le levé, la lumière est trop forte à mon goût, elle ne me donnerais pas la subtilité que je recherche pour cette photo. Je décide de ranger mon matériel et de remettre à demain.

Quand on se lève tôt, les journées sont longues, très longues surtout quand on attend le lendemain matin… j’en profite, pour lire, réfléchir, rêver et observer les manchots à oeil jaunes qui on élus domicile non loin de là. Même scénario que la veille au petit matin, sauf que j’installe mon appareil sans grande conviction car les nuages sont encore plus denses qu’hier. C’est encore raté ! je remballe, retourne dans mon camion aménagé pour lire, réfléchir, rêver, et observer les même manchots à oeil jaune. Je prie également je ne sais quelle divinité pour que le mauvais temps ne persiste pas.

5h du matin, j’entrouvre les rideaux de ma maison mobile et désespère en voyant le ciel chargé. Je décide quand même de retourner sur la plage pas vraiment convaincu du succès de l’opération. Tout est monté, le cadrage fait au millimètre (j’ai eu le temps de l’affiner !!), je fais une dernière estimation de la lumière. Selon ma montre, les rayons devraient sortir de l’horizon dans cinq minutes. A mesure que la lumière monte, les nuages se déchirent timidement. Les premières rayons percent teintant les nuages récalcitrant d’une couleur jaune. Tout s’accélère, je remesure la lumière, déclenche deux ou trois fois avec des expositions différentes (il ne s’agit pas de revenir bredouille). Les nuages donnent juste ce qu’il faut de texture pour que l’horizon ne paraisse pas trop fade. Cinq minutes après le levé, les nuages reprennent le dessus ne laissant plus de place au soleil.

j’envoie la pellicule à développer sans trop tarder, et…… ce n’est que deux semaines plus tard que je reçois les diapositives et par la même occasion la récompense de mon acharnement. Ces trois jours d’attente ont été très longs, j’ai faillit renoncer à plusieurs moments, mais la photo correspond exactement à ce que j’avais imaginé avant, et je ne regrette pas l’observation des manchots à oeil jaune !