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Pourquoi régler la balance des blancs ne sert à rien

Vendredi 18 novembre 2011

Paysages marins au moule - , Guadeloupe, France

Paysage marin au moule , Guadeloupe.


Pour cette image, j’ai plutôt opté pour une balance des roses équilibrée. C’est totalement subjectif et surréaliste, mais j’ai préféré tirer parti de la lumière rouge de la fin de journée.

Lorsque j’ai basculé dans le monde du numérique, j’ai dû faire face à des termes et techniques barbares qui étaient totalement inconnus du féru d’argentique que j’étais. Etant un brin perfectionniste sur les bords, je commençais à me faire un sang d’encre quant à la gestion de la balance des blancs.

C’est alors que je fis appel à un ancien collègue de forum pour qu’il m’éclaire de sa science sur la question. Mon camarade, de son expertise perché, me tint à peu près ce langage :

« Ouais, tu mets tout sur AWB (balance auto), et tu vois après si ça te plaît. » (à peu près disais-je).

Tout d’un coup la lumière fut, sans que j’eu à me soucier de savoir si elle était faite de Tungstène, d’halogène ou si ces Kelvins se portaient bien.

Aujourd’hui, je ne règle quasiment jamais ma balance des blancs sur le boîtier, et m’en porte très bien pour plusieurs raisons.

Il y a d’autres chose à faire. Je l’ai déjà exprimé dans d’autres articles : plus on pianote derrière son boîtier, plus on perd le contact avec son sujet, même si c’est un paysage où la bonne luminosité peut-être très furtive. Pour avoir un regard unique, il faut avant tout regarder autour de nous.

Sincèrement, je m’imagine mal dans les rues de Kathmandou ou même Bourgouin-Jallieu avec une charte de gris moyen à vérifier régulièrement selon l’éclairage. Pour faire des images fortes (surtout pour du portrait), faites vos réglages avant, ne touchez plus à rien, ne cherchez même pas à regarder l’histogramme, sinon votre sujet perdra patience et s’enfuira.

Réalité-fiction. L’argument souvent avancé par les spécialistes de la température de couleur et autres recettes de druides est le respect et la réalité des couleurs. Or, La réalité des couleurs est une douce illusion. Les couleurs ne sont qu’une perception subjective d’une onde lumineuse. Chaque individu va percevoir ces différentes longueurs d’ondes de façon différente, selon l’âge, les caractéristiques physique (daltonisme, ébriété ou autre) et l’expérience des couleurs (un imprimeur distinguera plus de nuances qu’une personne lambda).

De plus, cette perception passe par tellement de périphériques et de parasites qu’elle est difficilement maîtrisable : Les couleurs sont d’abord altérées par le verre de l’objectif, puis par le capteur, vient ensuite le logiciel interne du boîtier, ensuite, le logiciel de traitement (ils ont chacun leur rendu), puis bien sûr l’écran et son fameux gamut, puis si on imprime, le passage d’un espace « lumineux » (écran) à l’espace pigmentaire (sur papier) qui est totalement différent et modifie la perception.

La réalité colorimétrique est une fiction, et de toute façon, qui a dit que la photo devait systématiquement refléter la réalité. La fidélité colorimétrique n’a de sens que pour les vendeurs d’écrans 586 millions de couleurs et les fabriquants de chartes de gris.

Ce qui est par contre important, c’est de s’assurer que ce qu’on a entre l’écran servant au traitement et le résultat papier soit cohérent.

Tu shoots pas en RAW? Je l’expliquerai dans un prochain billet, mais si vous n’utilisez pas le RAW, il peut être intéressant de vous y mettre (je vois déjà les détracteurs frétiller du clavier). Outre le fait que le RAW vous assure de récupérer un fichier dans toute son intégrité physique plutôt qu’un ayant subit les coups et blessures quasi irréversibles du boîtier, il vous permet une grande souplesse de traitement et de récupérer ladite balance des blancs en post-traitement au cas où elle se serait égarée du côté de Pandémonium ou des contrées sibériennes du spectre lumineux.

Même si le RAW ne pardonne pas tout, il le fera bien plus volontiers qu’un maigre Jpeg ayant subit un taillage de short de la part du logiciel interne du boîtier, surtout lorsqu’il s’agit de température de couleurs.

Et si votre appareil ne vous offre pas les avantages du RAW, il vous faudra envoyer vos doléances au père Noël, avec constat d’huissier et lettre de mise en demeure si il le faut.

Le mode auto marche très bien. Nous sommes au vingt-et-unième siècle. Nous disposons de boîtiers surpuissants qui permettront bientôt à chacun de nous d’aller sur la lune et de décrypter le génome humain et qui, aujourd’hui, gèrent convenablement la balance des blancs. Je retouche assez peu le curseur en post-traitement et suis en général assez satisfait de ce qui sort du boîtier. A part dans des cas extrêmes, le mode auto (pour la balance bien sûr) s’en sort très bien, ce qui, entre nous soit dit, arrange grandement mes affaires.

…Mouais. Pour les fondamentalistes du Gris 18% vouant un culte immodéré à Kelvin et son pote Tungstène, ou ceux qui voudraient comprendre au moins une fois dans leur vie cette histoire de température et accéder ainsi aux hautes sphères de la science photographique (je n’y ai jamais rien compris), voici quelques liens qui pourraient vous être utiles :

- Virus Photo nous explique à peu près tout ce qu’il faut savoir sur la Balance des blancs.

- Un article Assez complet sur la balance des blancs et les température de couleur, avec pleins de Kelvins dedans.

- Focus-numérique nous livre un cours magistral sur la température de couleur. Accrochez vous, c’est assez poussé (Trop pour moi, ça me rappelle mes cours d’optique ondulatoire en cycle universitaire… :-( )



Catégorie : Discussions, Technique // Matériel
Mots-clés : balance, blanc, colorimétrie, régler, température de couleur


17 Commentaire pour “Pourquoi régler la balance des blancs ne sert à rien”

  1. Ben
    #1  Vendredi 18 novembre 2011 à 10 h 46 min

    Arfff (comme on dit).
    Sans être un fondamentaliste, je ne peux pas être complètement d’accord avec toi: lorsque le mode AWD se « trompe » (ce qui arrive parfois sur mon boitier) et même si je suis en RAW, il arrive que, pour récupérer la bonne « ambiance », je sois obligé de « tirer » sur le fichier en PP et donc de faire apparaitre du bruit.
    Je ne parle pas de récupérer la « vraie » couleur ou ce genre de trucs. Juste de l’écarte entre ce que j’aurai fait en mode manuel et ce que fait le mode AWD. Dans certaines situations il est dur à rattrapper, même avec du RAW.
    C’est un cas un peu rare mais très frustrant.

    En revanche, choisir sa balance en début de « séance » en fonction de la luminosité générale et ne s’y intéresser que lorsqu’on change vraiment fondamentalement de lumière peut permettre d’éviter ce genre de soucis (et de s’intéresser encore plus aux différents types de lumières).

    Bref: AWB…avec un boitier comme le mien c’est risqué. Mais c’est peut-être aussi tout simplment une question de boitier.

  2. polekso
    #2  Vendredi 18 novembre 2011 à 11 h 13 min

    Je ne me considère pas comme un Fondamentaliste de quoi que se soit mais je n’utilise JAMAIS de balance des blancs en automatique.
    Sur une série dans un même endroit je vais avoir des photos un peu plus rose un peu plus verte ça va être la fête de la couleur.
    Certaines me plairont peut être mais rien n’aura été de mon fait.
    J’utilise donc une balance appropriée au lieu. Et ensuite sur mon écran au moment du développement numérique je leur donne leur teinte.
    Je travail en série sur un lieu, personnage ou objet. Je ne peux presenter des photos dont la chromomie ne serait pas homogène, même si par la suite je la modifie et la choisi.

  3. Ju
    #3  Vendredi 18 novembre 2011 à 11 h 24 min

    Merci de vos passages.

    Salut Ben,
    En écrivant l’article, je me suis effectivement posé la question de la performance de certains boîtier.

    Mais, en réfléchissant, et autant que je me souvienne (ce qui est dur tant la BDB est le cadet de mes soucis), je n’ai réglé la bdb avant de shooter lors d’un reportage à Bhaktapur au Népal, où le sujet était justement l’éclairage à la chandelle.

    Le réglage c’est limité à mettre sur « incandescent ». J’ai effectivement eu à tirer un petit peu sur le fichier, mais le bruit n’a pas été un problème. Et à l’époque, je shooté avec un Canon 20D…

    Salut Polesko,
    j’ai justement du mal à saisir. Si tu shoot sur un même lieu, c’est là où le mode AWB pose le moins de soucis. Enfin, de ce que j’ai remarqué (car je suis toujours en mode AWB), sur un éclairage similaire, j’ai très peu de variations…

    Et vous réglez comment la BDB, vous avez la charte toujours à porté de main?

  4. spiruline
    #4  Vendredi 18 novembre 2011 à 13 h 18 min

    Il me semble que c’est B. Peterson qui dans un de ses bouquins, indique qu’il règle toujours sa balance des blancs sur nuageux quand il photographie à l’extérieur (même en cas de grand soleil) pour obtenir des couleurs bien saturées. En ce qui me concerne, je commence tout juste me mettre au RAW et je découvre toutes ses possibilités mais j’avoue que jusqu’à présent je ne me suis pas vraiment souciée des réglages de ma balance et qu’elle était souvent en automatique.

  5. Johnny Collangette
    #5  Vendredi 18 novembre 2011 à 13 h 27 min

    Effectivement certains boitiers sont plus ou moins efficaces dans la correction automatique de la Balance des blancs.
    Personnellement j’utilise « presque » exclusivement la position « Auto ».
    Bon c’est vrai qu’en N&B tu vas me dire que c’est pas vraiment utile de s’en préoccuper mais je dois avouer que même en couleur la correction est assez efficace.
    Les quelques corrections nécessaires sont facilement rattrapables à partir du fichier Raw…

  6. Marc
    #6  Vendredi 18 novembre 2011 à 13 h 49 min

    Très bon et vaste sujet!
    Pour ma part je shoote en Raw en permanence. Je ne vois pas pourquoi je me priverai de la meilleure image possible. Idem pour la taille des images, pourquoi diminuer la résolution du boitier? Et si une photo méritait un tirage en A2? c’est fichu!
    Les cartes CF ou Sd ne valent plus rien, c’est dommage de se priver de la qualité pour économiser quelques Go sur son disque dur.

    Pour la balance des blancs, je règle sur auto la plupart du temps et j’affine si besoin sur Lightroom: aucun problème de bruit. Je suis rarement déçu par ce mode, y compris pour les photos de concert où les lumières sont pourtant très changeantes…

  7. polekso
    #7  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 06 min

    @Ju quand tu te positionnes en AWB la couleur se règle en fonction des couleurs de ton image pas de la lumière. Mon avis c’est que dans un reportage il est bon d’avoir une même qualité de lumière et donc de rester sur un preset fixe. Ne changer que interieur/exterieur c’est pas un gros réglage.

  8. Ju
    #8  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 13 min

    @Spiruline :
    Quand j’utilisais un compact (coolpix 3200), je mettais églamenent la BDB sur nuageux et je n’y touchai plus.

    Pour toi expérimente pas mal, tu verras que le RAW t’ouvrira pas mal de portes.

    @popol: Je me suis d’ailleurs demandé si le réglage de la BDB avait vraiment une incidence en N&B (un peu comme pourrait le faire des filtres), j’ai jamais fait le test

    @Marc: Oui, Je suis assez partisan du RAW, mais les pro-Jpeg on aussi des arguments qui tiennent la route. J’en parlerais dans un article à venir.
    En concert, c’effectivement assez compliqué, mais je n’y ai pas été souvent confronté car je ne fais presque que du N&B quand je traîne mon boîtier dans les salles de concert.

  9. Ju
    #9  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 16 min

    @ Polesko : effectivement régler sur un preset fixe est simple et pas vraiment compliqué. Ca m’arrive si je fait des images avec des bougies (éclairage que j’adore).

  10. Damien
    #10  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 21 min

    D’accord avec toi Julien, à condition de shooter en RAW (impératif) et d’avoir un boîtier qui gère bien le mode Auto, apparemment ce n’est pas toujours le cas.
    Personnellement je suis quasiment toujours en Auto, sauf pour la photo de studio (et encore…).
    Amitiés
    Damien

  11. Ju
    #11  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 29 min

    @Damien : C’est vrai qu’à part le 20D et le 40D, je ne sais pas trop comment les autres boîtiers gèrent la BDB. Mais je pense qu’aujourd’hui, toutes les marques s’en sorte assez bien sur ce point.
    ;-)

  12. Ben
    #12  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 38 min

    Je parle effectivement aussi des presets fixes. Je ne règles pas, en détail la BDB avant chaque prise mais, comme Polesko, je choisi un preset en fonction des conditions et de ce que je souhaite obtenir. Ensuite, il n’y a besoin de modifier que si l’un de ces deux critère change.
    Je trouve ça rassurant d’avoir, sur le capteur, l’image la plus proche possible de celle que je souhaite obtenir en bout de chaîne. Ceci dit, il s’agit d’une préférence perso qui relève peut aussi de la coquetterie ;)

  13. Ben
    #13  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 39 min

    PS: Pour ce qui est de la BDB en NB, oui oui oui, ça change plein de choses!

  14. polekso
    #14  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 41 min

    @ Ben C’est exactement ce que je cherchais à dire, Merci.

  15. Ju
    #15  Vendredi 18 novembre 2011 à 14 h 42 min

    @Ben : Il faudra que j’étudie ça pour le NB, voir sur quoi ça influe. merci :-)

  16. Régis M - Auxois Nature
    #16  Vendredi 18 novembre 2011 à 22 h 56 min

    Salut,
    un super article, tant sur le fond que que la forme, je l’ai lu d’une traite : j’aime beaucoup ton style :)

    Je suis aussi, comme beaucoup j’ai l’impression, d’accord avec toi sur le rôle de la balance des blancs. S’il y bien un réglage que je ne règle justement jamais c’est celui-ci ! Préfère me concentrer sur la position du collimateur par exemple ou les ISO, et autres ouvertures !

    Par contre, la difficulté que l’on peut avoir je pense lorsque l’on fait les réglages sur la balance des blancs à postériori, c’est de perdre du temps à pinailler sur une température plus ou moins élevée, et le pire est de demander conseil à son entourage : personne n’est jamais d’accord sur la plus belle version de l’image !

    Attention donc à la perte de temps en post production, sauf à être féru de ce genre de réglages.

  17. Ju
    #17  Samedi 19 novembre 2011 à 10 h 50 min

    Salut Régis,
    Merci de ton passage.

    Effectivement, Ouverture et ISO sont mes priorités.

    Pour ce qui est du pinaillage, c’est un peu le problème du traitement. Quand je traite, je sais en général ce que je veux et l’obtient assez vite. Ce qu’il ne faut pas, c’est revenir constamment dessus jours après jours, sinon, c’est le cercle infernal et on en sort jamais.

    Donc en général, je traite et ne reviens pas dessus. Il y certaines de ms photos dont je n’aime plus le traitement aujourd’hui (c’est trop jaune ou trop vert, trop ci ou trop ça) mais je me refuse d’y toucher.

    ;-)

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Passionné par la diversité des cultures et traditions qui font la richesse de l'humanité, Julien parcourt le monde afin de saisir et partager des histoires, des regards, des instants de vie.

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