Histoire d’une photo – Moeraki Boulders, NZ
Dimanche, juin 28th, 2009Je souhaite vous raconter dans ce billet l’histoire de cette photo car elle m’a énormément appris sur la patience et la détermination et changée ma manière de photographier.
Photographier les paysages de Nouvelle-Zélande est captivant : les lumières y sont sublimes, les paysages variés, impressionnants, grandioses. Tout ceci forcément mêler aux long moments de solitude à attendre les douces lumières fait de ce pays un endroit particulier pour les photographes.
Voilà déjà quelques mois que je sillonnais la Nouvelle-Zélande en alternant les petits boulots et les moments dédiés à la photos. Je me promenais depuis une ou deux semaines sur la côte Est de l’île du Sud. Si il y a bien un endroit en NZ qui remporte un franc succès chez les photographes, ce sont les Moeraki Boulders près de Dunedin. Il s’agit de grosses concrétions sphériques gisants sur la plage, de presque 2m de diamètre pour certaines. On se pose encore beaucoup de questions sur la provenance de ces boules et pourquoi on ne les trouves qu’à cet endroit précis. Les Maoris, premiers habitants de l’île, prétendent que le bateau d’un dieu se serait échoué sur la plage et que les paniers de provisions divines se sont dispersé sur le sable…les Boulders seraient les restes de ces provisions.
Je découvre le site évidement très prisé par les « touristes » (dont je fais parti) et passe presque 2 heures sur place à observer, marcher autour des cailloux, essayer différents cadrages, différentes hauteur de trépied… Au bout des 2 heures, je n’ai pris aucune photo et je remballe mon matériel. J’ai trouvé un cadrage qui me convient, mais je veux absolument avoir une belle lumière, qui puisse rendre la photo mystique, presque irréelle car c’est ce que le lieu m’inspire.
Comme pour beaucoup de photo paysage, je programme ma prise de vue pour les premières lueurs matinales. Je me renseignes des heures de levé et couché du soleil ainsi que les heures de la marée pour m’assurer que le rocher ne sera pas recouvert par l’eau.
Le lendemain matin, mon réveil sonne à 5h et c’est un petit peu endormis que je me dirige vers le site. Le soleil est encore sous l’horizon, quelques nuages se dessinent peu à peu. j’installe le trépied rapidement mais de façon précise. Il faudra aller vite. Tout est près. Les nuages envahissent finalement tout l’horizon ne laissant aucune chance aux soleil. J’attend encore une demi heure pour voir si les nuages daignent laisser passé le soleil, mais il n’en ai rien. De toute façon, il est trop tard. Une demi heure après le levé, la lumière est trop forte à mon goût, elle ne me donnerais pas la subtilité que je recherche pour cette photo. Je décide de ranger mon matériel et de remettre à demain.
Quand on se lève tôt, les journées sont longues, très longues surtout quand on attend le lendemain matin… j’en profite, pour lire, réfléchir, rêver et observer les manchots à oeil jaunes qui on élus domicile non loin de là. Même scénario que la veille au petit matin, sauf que j’installe mon appareil sans grande conviction car les nuages sont encore plus denses qu’hier. C’est encore raté ! je remballe, retourne dans mon camion aménagé pour lire, réfléchir, rêver, et observer les même manchots à oeil jaune. Je prie également je ne sais quelle divinité pour que le mauvais temps ne persiste pas.
5h du matin, j’entrouvre les rideaux de ma maison mobile et désespère en voyant le ciel chargé. Je décide quand même de retourner sur la plage pas vraiment convaincu du succès de l’opération. Tout est monté, le cadrage fait au millimètre (j’ai eu le temps de l’affiner !!), je fais une dernière estimation de la lumière. Selon ma montre, les rayons devraient sortir de l’horizon dans cinq minutes. A mesure que la lumière monte, les nuages se déchirent timidement. Les premières rayons percent teintant les nuages récalcitrant d’une couleur jaune. Tout s’accélère, je remesure la lumière, déclenche deux ou trois fois avec des expositions différentes (il ne s’agit pas de revenir bredouille). Les nuages donnent juste ce qu’il faut de texture pour que l’horizon ne paraisse pas trop fade. Cinq minutes après le levé, les nuages reprennent le dessus ne laissant plus de place au soleil.
j’envoie la pellicule à développer sans trop tarder, et…… ce n’est que deux semaines plus tard que je reçois les diapositives et par la même occasion la récompense de mon acharnement. Ces trois jours d’attente ont été très longs, j’ai faillit renoncer à plusieurs moments, mais la photo correspond exactement à ce que j’avais imaginé avant, et je ne regrette pas l’observation des manchots à oeil jaune !












