
Paysage marin au moule , Guadeloupe.
Pour cette image, j’ai plutôt opté pour une balance des roses équilibrée. C’est totalement subjectif et surréaliste, mais j’ai préféré tirer parti de la lumière rouge de la fin de journée.
Lorsque j’ai basculé dans le monde du numérique, j’ai dû faire face à des termes et techniques barbares qui étaient totalement inconnus du féru d’argentique que j’étais. Etant un brin perfectionniste sur les bords, je commençais à me faire un sang d’encre quant à la gestion de la balance des blancs.
C’est alors que je fis appel à un ancien collègue de forum pour qu’il m’éclaire de sa science sur la question. Mon camarade, de son expertise perché, me tint à peu près ce langage :
« Ouais, tu mets tout sur AWB (balance auto), et tu vois après si ça te plaît. » (à peu près disais-je).
Tout d’un coup la lumière fut, sans que j’eu à me soucier de savoir si elle était faite de Tungstène, d’halogène ou si ces Kelvins se portaient bien.
Aujourd’hui, je ne règle quasiment jamais ma balance des blancs sur le boîtier, et m’en porte très bien pour plusieurs raisons.
Il y a d’autres chose à faire. Je l’ai déjà exprimé dans d’autres articles : plus on pianote derrière son boîtier, plus on perd le contact avec son sujet, même si c’est un paysage où la bonne luminosité peut-être très furtive. Pour avoir un regard unique, il faut avant tout regarder autour de nous.
Sincèrement, je m’imagine mal dans les rues de Kathmandou ou même Bourgouin-Jallieu avec une charte de gris moyen à vérifier régulièrement selon l’éclairage. Pour faire des images fortes (surtout pour du portrait), faites vos réglages avant, ne touchez plus à rien, ne cherchez même pas à regarder l’histogramme, sinon votre sujet perdra patience et s’enfuira.
Réalité-fiction. L’argument souvent avancé par les spécialistes de la température de couleur et autres recettes de druides est le respect et la réalité des couleurs. Or, La réalité des couleurs est une douce illusion. Les couleurs ne sont qu’une perception subjective d’une onde lumineuse. Chaque individu va percevoir ces différentes longueurs d’ondes de façon différente, selon l’âge, les caractéristiques physique (daltonisme, ébriété ou autre) et l’expérience des couleurs (un imprimeur distinguera plus de nuances qu’une personne lambda).
De plus, cette perception passe par tellement de périphériques et de parasites qu’elle est difficilement maîtrisable : Les couleurs sont d’abord altérées par le verre de l’objectif, puis par le capteur, vient ensuite le logiciel interne du boîtier, ensuite, le logiciel de traitement (ils ont chacun leur rendu), puis bien sûr l’écran et son fameux gamut, puis si on imprime, le passage d’un espace « lumineux » (écran) à l’espace pigmentaire (sur papier) qui est totalement différent et modifie la perception.
La réalité colorimétrique est une fiction, et de toute façon, qui a dit que la photo devait systématiquement refléter la réalité. La fidélité colorimétrique n’a de sens que pour les vendeurs d’écrans 586 millions de couleurs et les fabriquants de chartes de gris.
Ce qui est par contre important, c’est de s’assurer que ce qu’on a entre l’écran servant au traitement et le résultat papier soit cohérent.
Tu shoots pas en RAW? Je l’expliquerai dans un prochain billet, mais si vous n’utilisez pas le RAW, il peut être intéressant de vous y mettre (je vois déjà les détracteurs frétiller du clavier). Outre le fait que le RAW vous assure de récupérer un fichier dans toute son intégrité physique plutôt qu’un ayant subit les coups et blessures quasi irréversibles du boîtier, il vous permet une grande souplesse de traitement et de récupérer ladite balance des blancs en post-traitement au cas où elle se serait égarée du côté de Pandémonium ou des contrées sibériennes du spectre lumineux.
Même si le RAW ne pardonne pas tout, il le fera bien plus volontiers qu’un maigre Jpeg ayant subit un taillage de short de la part du logiciel interne du boîtier, surtout lorsqu’il s’agit de température de couleurs.
Et si votre appareil ne vous offre pas les avantages du RAW, il vous faudra envoyer vos doléances au père Noël, avec constat d’huissier et lettre de mise en demeure si il le faut.
Le mode auto marche très bien. Nous sommes au vingt-et-unième siècle. Nous disposons de boîtiers surpuissants qui permettront bientôt à chacun de nous d’aller sur la lune et de décrypter le génome humain et qui, aujourd’hui, gèrent convenablement la balance des blancs. Je retouche assez peu le curseur en post-traitement et suis en général assez satisfait de ce qui sort du boîtier. A part dans des cas extrêmes, le mode auto (pour la balance bien sûr) s’en sort très bien, ce qui, entre nous soit dit, arrange grandement mes affaires.
…Mouais. Pour les fondamentalistes du Gris 18% vouant un culte immodéré à Kelvin et son pote Tungstène, ou ceux qui voudraient comprendre au moins une fois dans leur vie cette histoire de température et accéder ainsi aux hautes sphères de la science photographique (je n’y ai jamais rien compris), voici quelques liens qui pourraient vous être utiles :
- Virus Photo nous explique à peu près tout ce qu’il faut savoir sur la Balance des blancs.
- Un article Assez complet sur la balance des blancs et les température de couleur, avec pleins de Kelvins dedans.
- Focus-numérique nous livre un cours magistral sur la température de couleur. Accrochez vous, c’est assez poussé (Trop pour moi, ça me rappelle mes cours d’optique ondulatoire en cycle universitaire…
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